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Trois pistes pour développer le savoir-être par l’art dramatique

L’art dramatique constitue un levier riche pour le développement social des élèves. En mobilisant le corps, la voix et l’imaginaire dans des situations signifiantes, il contribue au développement du savoir-être, notamment à travers des interactions, des relations et des expériences partagées.  

Dans cet article, nous nous penchons sur trois composantes de ce développement, chacune accompagnée de pistes concrètes pour la mettre en pratique en classe. 

 

  1. Développer l’empathie et la compréhension des autres

En art dramatique, les élèves sont amené·e·s à se glisser dans la peau de personnages et à vivre des situations qui ne sont pas les leurs. En interprétant un rôle et en réagissant à des situations fictives, les élèves s’exercent à adopter le point de vue d’autrui et à ajuster leurs réactions en fonction des émotions perçues.  

Cette prise de perspective active permet de mieux comprendre ce que l’autre peut ressentir ou vivre, et peut permettre aux élèves de développer une empathie plus fine. 

 

Mise en pratique en classe 

Dans une activité d’improvisation, une personne joue un élève exclu d’un groupe, tandis que d’autres jouent les membres du groupe. Après la scène, les élèves discutent des émotions vécues et des réactions observées.  

Pour les élèves plus âgé·e·s, une activité comme «sur la sellette » permet d’explorer plus en profondeur les ressentis du personnage, ses réactions internes et les pensées qui émergent, afin de mieux comprendre les répercussions d’une situation sociale. 

 

  1. Encourager la résolution de problèmes sociaux

L’art dramatique place les élèves dans des situations de tension ou de conflit, dans un cadre sécurisant. En rejouant une même situation avec différentes réactions, les élèves développent leur capacité à analyser les dynamiques sociales en jeu et à faire des choix plus adaptés dans leurs interactions réelles. 

Ce travail favorise une posture d’exploration plutôt que de réaction impulsive. Les élèves prennent du recul, considèrent les intentions des autres et réfléchissent aux conséquences possibles de leurs actions.  

 

Mise en pratique en classe 

Une même scène de conflit est rejouée en variant intentionnellement les réactions d’un personnage. Par exemple, une personne peut répondre par la confrontation (hausser le ton, interrompre), une autre par l’évitement (se retirer, ne pas répondre) et une autre par la médiation (poser des questions, reformuler, proposer une solution). 

Après chaque version, le groupe observe des éléments précis :  

  • comment la situation évolue 
  • si la tension augmente ou diminue 
  • si les personnages se sentent écoutés 
  • si une résolution est possible.  

 

Cette comparaison permet de mettre en lumière l’impact concret de chaque choix de comportement sur le déroulement de l’interaction. 

Pour les plus jeunes, une activité comme S’amuser avec les émotions permet d’explorer différentes émotions et dynamiques relationnelles. 

 

  1. Prendre sa place et comprendre les dynamiques relationnelles

En art dramatique, les élèves interagissent dans des contextes où leur présence influence directement celle des autres. En explorant différents rôles et en ajustant leur posture, les élèves apprennent à s’affirmer, à reconnaître la place des autres et à mieux comprendre les rapports qui structurent les interactions. 

Ce travail permet de prendre conscience de l’espace que l’on occupe et de l’impact de sa présence dans un groupe. Les élèves développent ainsi une meilleure compréhension des équilibres relationnels et une capacité à s’ajuster de manière plus intentionnelle. 

 

Mise en pratique en classe 

Dans un premier temps, les élèves visionnent un extrait théâtral mettant en scène différentes dynamiques relationnelles. Ensuite, les élèves analysent des éléments précis : qui prend plus de place, qui en prend moins, comment cela se manifeste (posture, regard, ton, vocabulaire, etc.), et quel impact cela a sur les interactions. 

Dans un deuxième temps, les élèves réfléchissent à leur propre positionnement dans des situations similaires. La personne enseignante peut guider la réflexion avec des questions ciblées : 

  • « Dans un groupe, est-ce que tu as tendance à prendre beaucoup de place, à en prendre moins ou à t’ajuster selon les personnes? » 
  • « Est-ce que ton rôle change selon le contexte ou les personnes avec qui tu es? » 

Par exemple, un·e élève pourrait reconnaître qu’il ou elle prend une posture très affirmée avec un membre de sa famille, mais devient plus discret·e avec ses ami·e·s. Un·e autre pourrait réaliser qu’il ou elle évite les conflits et laisse souvent les autres décider.  

Cette prise de conscience permet d’identifier des ajustements possibles pour favoriser des interactions plus équilibrées et intentionnelles. 

 

 Article rédigé par Rachel Anne Normand pour La ruchée. 

 

Pour en savoir plus 
La ruchée offre une panoplie d’activités pour soutenir l’enseignement des arts ou l’utilisation des arts comme moyen pédagogique. 

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